Sans doute le plus intime de mes tableaux

 


Oubli

Qui êtes vous Madame, au si triste sourire ?

Que voulez vous de moi que je ne puis offrir ?

J’aperçois dans vos yeux l’ombre d’un souvenir,

Me souviens d’un parfum, d’un air, d’éclats de rire.

Et je crois reconnaitre l’espace d’un instant,

La chaleur d’un ami, d’un amour, d’un enfant ?

Sans doute ai je révé, vous n’êtes qu’un chaland,

Traversant mon destin, porté par le courant.

Ici tout se confond dans ce magma infâme,

Cette épave engloutie qu’est devenue mon âme…

Pourtant mon corps encore résiste et veut survivre,

Il se lève, il titube mais lutte pour poursuivre

Cette marche éperdue, erratique et tragique

Qui calme mon angoisse, atténue la panique

Mais qui me fait paraitre aux yeux de l’assistance,

Tel un pantin absurde, en pathétique errance.

Pourtant j’étais un homme il y a si peu de temps,

Un époux et un père, fils modèle et aimant,

Reconnu par mes pairs : un brillant orateur

Italien ou anglais, suivant le jour ou l’heure.

Maitrisant mon discours sans approximation

Capable de satire et d’improvisation.

De latin et d’argot j’agrémentais mon style,

Quel que soit l’auditoire, en montagne ou en ville

J’inventais des poèmes parfois avec emphase

Et déclenchais les rires au détour de mes phrases.

Comme vous j’aimais boire, chanter, prendre plaisir,

Travailler pour rester maître de l’avenir ?

Mon esprit m’assista, fidèle compagnon

Jusqu’en ces jours funestes de sa reddition.

Je fus ce que vous êtes, gardez en souvenir

Ne lachez pas ma main, et tentez de sourire.

Foléru

 

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